M.-E.N. S.D.F

Dernier dommage collatéral des récents écrits de Nabe : outre la désaffection de tout le milieu dit « intellectuel » et médiatique parisien qui a décidé de l’isoler dans son coin en l’ignorant, le propriétaire de l’appartement qui lui était prêté depuis quinze ans rue des Saussaies congédie Nabe. Ce généreux bourgeois catholique avait hébergé l’auteur de L’Âge du Christ ; pas celui de Patience.

Le 30 mai, Nabe vient se réfugier dans sa galerie et campe à l’étage et à la cave. C’est désormais là qu’il vit, peint et écrit. Dans l’indifférence générale, il multiplie les tableaux qui ne se vendent pas pour financer des livres à venir, si tant est qu’il ait les moyens de les imprimer !

En juillet, devant l’inintérêt total que suscitent ses peintures, Nabe décide d’exposer et de vendre des vêtements usés qu’il a portés ces dernières années, les prix allant de 0,50 à 6 euros… En quelques heures, toutes les « œuvres » ont été vendues à des lecteurs fétichistes ou n’ayant pas compris l’objet de cette exposition unique dans l’art contemporain.

Fin juillet, un catalogue de mille tableaux est mis en ligne, regroupant des huiles, gouaches, dessins, etc., peints sur plusieurs décennies.

Extrait de la biographie